Il y a des meubles qui traversent les modes, et puis il y a ceux qui traversent l’Histoire.





Si vous suivez un peu les coulisses de Beauvieu, vous avez du remarquer notre amour pour le mobilier en bois massif, que ce soit des pièces rustiques comme des tables ou les petits tabourets de ferme, ou les pièces plus travaillées comme celle de la Maison Regain. Vous savez ce qui nous fait tant vibrer dans les créations Maison Regain, c’est à la fois cette douceur sous les doigts, l’orme massif c’est un matériau dense qui offre une douceur incroyable une fois fini, et à l’oeil, ces bords arrondis, des assemblages marqués qui sont la véritable signature de cette maison d’édition.
Et ce que j’aime tout particulièrement, c’est cette épure esthétique, sur chaque pièce les lignes sont les plus simples, valorisant la matière première, l’orme massif.
Et quand on prend en main un meuble Maison Regain, c’est lourd (vraiment 🥵) on se rend tout de suite compte de la différence avec certains meubles en bois massif vendu aujourd’hui, on est pas du tout sur la même qualité ni la même densité.
Pour en revenir à cette simplicité, je citerai Brancusi : « la simplicité est la complexité résolue » car cela se prête bien à l’apparente simplicité de leurs créations, on ne voit pas les assemblages ni les vis. On retrouve chez Maison Regain des lignes horizontales, c’est l’époque des salons au ras du sol, les intérieurs se transforment, c’est aussi une manière de magnifier les pièces d’orme massif et le veinage.
J’avais envie aujourd’hui, de prendre le temps de vous raconter l’histoire fascinante de cette maison française. Une histoire de montagne, de savoir-faire oublié, et d’un bois devenu aussi précieux que l’or.

Le Mystère des Hautes-Alpes : Qui se cache derrière Maison Regain ?
Contrairement à Pierre Chapo, dont l’atelier de Gordes est devenu un lieu de pèlerinage pour les amateurs de design, Maison Regain a cultivé une discrétion toute montagnarde. Difficile de trouver des informations, des catalogues, c’est une maison d’édition, et finalement la transmission n’est pas la même que pour un designer.
Implanté dans les Hautes-Alpes, cet éditeur français a fonctionné, des années 60 aux années 80, comme un véritable chef d’orchestre de l’excellence artisanale. Plutôt que de centraliser la production dans une usine sans âme, la maison faisait fabriquer ses pièces dans différents ateliers à travers la France, s’assurant ainsi de travailler avec les meilleurs ébénistes de chaque spécialité.
Si la marque prévalait sur l’ego, un nom mérite d’être retenu : Roland Haeusler. C’est lui qui a dessiné la majorité de ces lignes architecturales, massives et pourtant si douces, qui caractérisent le style Regain.
La tragédie de l’Orme : l’histoire d’une incontrolable disparition
C’est souvent ce que nous expliquons à nos clients lorsqu’ils voient ces meubles pour la première fois : « Touchez. » Car ce sont sont des pièces qu’il faut toucher pour en ressentir toute la beauté et la qualité.
Le mobilier Maison Regain se distingue par une qualité tactile incroyable. Les arêtes sont arrondies, poncées avec une exigence folle. Il n’y a pas d’angle agressif, juste une douceur qui contraste avec le poids impressionnant du bois massif.
Mais ce bois, l’orme, cache une tragédie écologique qui fait grimper sa valeur aujourd’hui.
Peu de gens le savent, mais si l’Orme était si présent en France avant les années 70, c’est grâce à une volonté royale.
Dès Henri IV (avec son ministre Sully) et surtout sous Louis XIV, la France a massivement planté des ormes le long des routes et sur les places de villages pour l’ombrage et le bois d’œuvre, c’était le favori des paysagistes pour les parcs royaux
L’histoire de la disparition de l’orme est celle d’un effet domino incontrôlable, l’arbre a été victime d’une épidémie : la graphiose. La première alerte a lieu en 1918, sur les terres meurtries du Nord de la France.
Mais le véritable drame se joue dans l’invisible. La maladie, transportée par un minuscule scarabée (le scolyte), a profité d’une faiblesse créée par l’homme : la monoculture.
Depuis Henri IV et Louis XIV, on avait planté des ormes identique partout en France pour leur beauté majestueuse. Génétiquement identiques, ils étaient sans défense : quand l’un tombait, tous tombaient. Pour obtenir des alignements parfaits le long des routes royales, on ne plantait pas des graines (qui donnent des arbres tous un peu différents), mais on pratiquait le bouturage ou le marcottage à grande échelle.
Conséquence ? Des milliers d’arbres étaient en réalité des copies conformes les uns des autres. Cette uniformité génétique a été fatale : le système immunitaire des ormes étant identique partout, quand la maladie a trouvé la faille sur un arbre, elle a pu foudroyer tous les autres sans rencontrer de résistance.
Dans les années 70, une souche mutante ultra-agressive venue d’Amérique achève le travail. C’est à ce moment précis, dans une course contre la montre avant l’extinction, que la Maison Regain a produit ses plus belles pièces. Ces meubles sont littéralement les derniers témoins de cette forêt royale aujourd’hui disparue.
Quand vous achetez une pièce Regain aujourd’hui, vous n’achetez pas seulement une chaise ou une table vintage. Vous acquérez un matériau « rescapé », une ressource naturelle que l’on ne produit plus.
Maison Regain vs Pierre Chapo : Le jeu des différences
On présente souvent Maison Regain comme l’alternative accessible à Pierre Chapo. C’est vrai, mais c’est réducteur.
Certes, les deux maisons partagent cet amour du bois massif et des assemblages visibles sans clous ni vis. Mais Regain possède sa propre personnalité :
- Le style : Là où Chapo joue sur l’assemblage complexe et géométrique (le fameux 48×72), Regain propose souvent des lignes plus épurées, plus strictes, mais adoucies par ces fameux bords courbes typiques du travail de Haeusler.
- L’investissement : Si la cote de Pierre Chapo atteint des sommets (certains buffets dépassent les 10 000€ ), celle de Maison Regain est en pleine ascension. C’est le moment charnière : les prix sont encore cohérents pour des passionnés, mais la courbe de valeur ne fait que monter.

Pourquoi craquer maintenant ? (Avant qu’il ne soit trop tard)
Chez Beauvieu, nous voyons la demande exploser. Ce retour au mobilier « honnête », durable et robuste répond à un besoin de solidité dans nos intérieurs modernes.
Nos dernières pièces Regain sont parties très vite, car les amateurs ont compris deux choses :
- La qualité de fabrication est irréprochable (ces chaises ne bougeront pas d’un millimètre pendant encore 50 ans).
- C’est un investissement, ces meubles prennent de la valeur
Victime de leur succès : il nous reste un dernier lot de 4 chaises entièrement restaurées à neuf dans notre atelier, ainsi qu’une table d’appoint.

Actuellement, nous avons la chance d’avoir à l’atelier un ensemble de 4 chaises en orme massif. Elles ont cette patine dorée inimitable et cette assise robuste prête à accueillir vos plus longs dîners

Découvrez aussi cette superbe table d’appoint minimaliste et d’une esthétique juste, parfaite en bout de canapé pour poser une belle lampe, en table de chevet pour un style zen et épuré, ou pour valoriser une sculpture ou une pièce en céramique. C’est la pièce idéale pour découvrir la beauté des pièces de la Maison Regain.
Si vous cherchez à faire entrer chez vous une pièce Maison Regain, une pièce qui a une âme et une densité réelle, ne tardez pas trop. Comme l’orme dans nos forêts, ces opportunités se font rares. Abonnez-vous pour être informé de nos nouveautés.



















